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Auguste Rousseau, l'homme qui fit de la truffe une industrie

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Là où Joseph Talon cultivait le secret, Auguste Rousseau choisit la lumière. Médailles, science et publicité : voici comment, au milieu du XIXᵉ siècle, la truffe de Provence est devenue une affaire sérieuse.

Propriétaire foncier et négociant en truffes dès 1832, Auguste Rousseau lance ses premières expériences vers 1845-1847. Il débute dans la discrétion, comme ses prédécesseurs. Puis il opère un virage stratégique qui change tout.

Une décennie plus tard, lors des Expositions universelles de 1865 et 1867, Rousseau reçoit les plus hautes récompenses — les seules décernées au titre de promoteur de truffières en France et de créateur de l'industrie de la conserve comtadine. Sa logique est exactement l'inverse de celle de Talon : à la discrétion, il oppose la communication et la publicité. Il faut dire que la concurrence s'organise, notamment du côté du Périgord.

Les résultats suivent. De 1857 à 1862, le Comice agricole de Carpentras enregistre chez lui des records de quantité et de qualité. C'est la consécration de la Tuber melanosporum — la fameuse truffe dite « du Périgord » — cultivée en plein cœur du Comtat.

Rousseau apporte aussi une révolution de méthode. Jusqu'à lui, la trufficulture se contentait d'imiter au plus près les truffières naturelles. Avec lui, les scientifiques entrent dans la danse : Chatin et Tulasne identifient le mycélium sur les racines du chêne, puis les mycorhizes. On commence à comprendre le phénomène, sans encore tout expliquer. Un trio est né : le paysan, le commerçant et le savant.

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