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Apogée et déclin : quand la Grande Guerre fit taire les truffières

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La fin du XIXᵉ siècle fut l'âge d'or de la rabasse provençale. Puis vint 1914. Comment un savoir-faire centenaire a failli disparaître avec la génération qui le portait.

Étrange paradoxe : c'est une catastrophe agricole qui offre à la truffe ses plus belles années. À la fin du XIXᵉ siècle, le phylloxéra ravage le vignoble français. Or les terrains à vigne conviennent parfaitement à la truffe. La rabasse s'y installe, et les manuels de trufficulture se multiplient.

La science progresse. En 1888, le professeur de sylviculture Mouillefert décrit « les spores ou semences contenues dans des urnes appelées aussi thèques ». Le docteur Pradel, lui, publie un manuel pratique — mais depuis le Périgord. Peu à peu, la Provence semble céder le terrain de la recherche, même si ses rabasses continuent de partir, bien réelles, vers Souillac et Périgueux.

Puis tout bascule. La Première Guerre mondiale compromet l'édifice patiemment construit. L'hécatombe humaine, particulièrement lourde chez les paysans, provoque une rupture fatale : ceux qui savaient ne peuvent plus transmettre à une génération fauchée dans les tranchées.

Sans bras pour les entretenir, ni mémoire pour les guider, les forêts se referment, les ronces gagnent, et les truffières s'ensauvagent. Il faudra des décennies pour renouer le fil — mais c'est une autre histoire, et peut-être un prochain épisode.

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